Chronique d’un végétarien nomade

Durant ce périple à travers l’Europe, j’ai décidé d’emporter une part importante de ma personnalité : le végétarisme.

Je suis parti plein d’appréhension quant à la possibilité pour moi de suivre ce régime alimentaire. Allais-je devoir lui faire des entraves ? Mon corps allait-il suivre ? Comment allions-nous faire pour allier le quotidien de 2 carnistes et d’un végétarien ?

Je m’étais préparé psychologiquement à faire des écarts, à manger de la viande que des hôtes m’auraient proposé, ou tout simplement à me sentir obligé de consommer de la viande pour être davantage en forme. Mais force est de constater que je n’ai eu aucune concession à faire et que cela ne m’a nullement gêné.
Les alternatives ont été très faciles à trouver surtout dans des pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou la Slovénie qui sont de réels Eldorados pour les végétariens (Simili-carnés qui permettent de retrouver un aspect proche de la viande ce qui rend leur consommation plus facile comme des Soy-cisse ou de la Mortadelle végétarienne).
Même la vie avec mes 2 coly-copains fut très agréable. Ces derniers étant sensibles aux causes qui motivent mon régime alimentaire (que je résume d’habitude en 3 mots : éthique, physique et écologique), la cohabitation de nos régimes fut des plus simples.
Ainsi, au bout de quelques semaines, après avoir été accueillis à la table d’inconnus et ayant traversé des cols interminables, j’ai pu conclure que le végétarisme était très bien accepté à travers l’Europe et qu’il permettait de suivre sans soucis un quotidien de cyclotouriste.

Le message le plus important que je tire de cet aspect du voyage est l’altruisme. Le végétarisme et ses dérivés (végétalisme, veganisme) redéfinissent l’altruisme. Il n’est plus seulement tourné vers les personnes qui nous croisent ou qui nous accueillent. Il y a aussi un altruisme à une faune et une flore qui m’entourent. Cette habitude de vie réduisant notamment mes émissions de gazs à effets de serre, cela me permet de me sentir plus en phase avec un respect de notre « mère » nature, plus proche des paysages qui m’entourent. Et ce sont là des conditions profondément liées au cyclotourisme. Savoir que je traverse ces paysages sans y laisser une trace décuple la sensation de liberté.

[Lille – Pula] Jour 3

Les automobilistes ralentissent, les passants posent leur regard sur notre atypique convoi, Matthieu et Florence sur
leur tandem
et nous, sur nos vélos chargés. Notre joyeuse bande de cyclotouristes traverse le nord de la France au rythme des moissons. Le tableau est parfait, le ciel est bleu, les blés dorés, les
pentes douces. La légerté de la campagne nous ravit. Nous roulons gaiment, profitant des paysages que nous offrent les petites départementales. Les discussions vont bon train, les rires fusent, nous savourons les premiers kilomètres d’un long voyage. Ce soir, nous sommes arrivés à Reims, une ville que Martin connait bien, pour y avoir passé deux ans en BTS. Demain matin notre 3e acolyte Colybride nous rejoindra, et nous mettrons tous les 5 cap sur la réserve naturelle du Lac du Der-Chantecoq !