Microaventures

Les microaventures sont des escapades de quelques jours. Proches de chez nous, ce sont néanmoins d’infinies sources d’évasion et de dépaysement !

 

Décembre 2016 – Lille-Paris

En route pour Paris avec Alex 🏕 On veut savoir si c’est toujours aussi chouette de faire du vélo malgré le froid !

C’était une idée relativement idiote, assurément froide mais belle avant tout ! A toute aventure il faut son arrivée, la notre fut les Champs, comme les pros du Tour, quelques degrés en moins ! ❄

 

Septembre 2016 – Suisse Normande

Recette pour profiter des derniers rayons de soleil : un vélo, quelques bricoles et surtout une fine équipe ! Direction la Suisse Normande pour le week-end !

A quoi peut bien ressembler une escapade en Suisse Normande ? Le dépaysement local est-il un concept absurde ? La plus belle surprise n’est-elle pas de découvrir que notre environnement direct est infiniment plus riche que ce que nous imaginions ?
Partir est une chose, avoir un regard neuf en est une autre. L’automne pointe son nez, ses couleurs subliment le tableau qui déroule sous nos yeux. La Normandie est d’une subtile quiétude. Un piment de couleur mais suave en bouche. Ce soir, mes pensées s’évadent à mesure que les flammes de notre feu s’envolent.
Nous pourrions être au Congo ou dans la Toundra. Quelle importance ? Faut-il accumuler les kilomètres pour voyager ? La Suisse Normande est une terre d’évasion à portée de bicyclette. Les boulangères pourraient bien vous y retenir plus longtemps que prévu, vous êtes prévenus !

 

Juillet 2016 – Ardennes Belges

Martin revient tout juste d’un voyage d’une semaine en solo dans les Ardennes Belges ! Une parenthèse courte mais intense au cœur de ces terres vallonnées que nous ne connaissions que de nom ! Prairies verdoyantes et collines rebondies pour un voyage au grand air chez des belges au grand cœur.

J’étais parti dans l’optique d’une simple “balade” à vélo d’une semaine dans les Ardennes belges. Seulement voilà, le voyage m’a surpris dès le début de mon parcours. Et ce jour là, son nom était Philippe.
Alors que je buvais seul ma Chimay (à Chimay forcément), songeant à ce poids tout nouveau pour moi de la solitude à vélo, ce belge au grand coeur s’assoit à côté de moi, et la conversation s’engage. Une heure après, nous en sommes au 3e bar et autant de bières. Nous discutons comme deux vieux amis. J’ai le coeur léger, car je sais que ce soir je n’aurai pas besoin de me cacher, de monter ma tente, de dormir sur mon petit matelas. Ce soir je dors chez Philippe.
Le lendemain, je repars en laissant derrière moi, ce poids de solitude qui commençait à assombrir mes journées. Malgré les 40kg de mon vélo chargé, je dévale les pentes, avales les côtes, déroules les kilomètres le long de la Meuse. Je suis habité par une énergie et une joie incroyable, que je n’avais pas retrouvées depuis mon voyage avec Enguerrand et César en Europe. Je traverse ces paysages typiques des Ardennes que je commence à bien connaitre maintenant : vallées bien vertes où paissent vaches et chevaux, collines boisées, cours d’eau, bref, une nature dense, et encore relativement épargnée par l’Homme.
Je termine mon voyage en empruntant une partie de l’itinéraire de la célèbre course cycliste “Liège-Bastogne-Liège”. Là encore, mon destin de voyageur me surprend au moment où je m’y attends le moins : à 50km de Liège, je fais la connaissance de Charles, un cycliste quinquagénaire qui m’offre sans hésiter un lit chez lui pour que je puisse assister au quart de finale tant attendu au milieu des Belges !
Le lendemain je quitte Charles avec un pincement de cœur, mais tellement heureux de ce voyage qui a dépassé toutes mes espérances que je manque d’en rater mon train !
Au delà de ces rencontres magiques, je retiens que le voyage ne tient pas compte de la distance ou de la durée. Il peut surgir à 100km de chez soi, comme à 3000, derrière une rencontre comme derrière un paysage.

 

Mai 2016 – Normandie sans le sou

Arrivé à Cherbourg aujourd’hui après une mythique traversée du Cotentin ! La vie sans argent n’est pas facile mais je survie grâce à la générosité des boulangères, des poubelles de super-marché et d’amis comme Flavie qui m’héberge ici. Demain je tente le bateau-stop pour Jersey ou Guernesey, n’hésitez pas à me contacter si vous avez un filon L’aventure continue !

 

[JERSEY DU BOUT DES YEUX]

C’est dans une insaisissable euphorie que je suis arrivé hier en fin de matinée à Barneville-Carteret. Face à moi, à quelques kilomètres de navigation, se dressait Jersey et le rêve que j’y avais associé.
Dans mes sacoches, au gré des kilomètres parcourus, s’est accumulé un mélange d’insouciance et d’appréhension. Quelle ne fut pas ma déception en apercevant la marée, basse, emprisonnant les bateaux dans le port, comme des poissons dans un trop petit aquarium. Triste métaphore de l’évaporation de mes rêves d’évasion. À la capitainerie, on me confirme qu’aucun bateau ne s’échappera avant le soir. Il sera trop tard pour moi. Comme pour oublier l’échec de ce projet, je m’inflige un retour à Caen en une étape non-stop, sous l’orage. À une heure du matin je suis chez moi, j’ai 160 kilomètres dans les jambes.

Il faut traverser la Manche pour rejoindre les îles anglo-normandes. Pour rejoindre Caen, il faut aussi traverser la Manche, l’autre, le département. J’étais rincé de la même façon. Avec une fatalité certaine, je vis ce voyage en pensées. Je ne suis pas arrivé à Jersey, mais j’ai traversé la Manche dans l’eau.

“Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends”
N. Mandela

[UN VOYAGE SANS LE SOU]

En partant pour ce périple, j’ai voulu savoir s’il était encore possible de survivre grâce à la générosité et à l’entraide. J’ai voulu prouver et me prouver, comme pour me rassurer, que les transactions financières n’avaient pas totalement tué les relations humaines. Plus qu’une expérience sociale, c’est une formidable aventure humaine que j’ai vécu.
Dans ma tête de jeune nomade, il y a, dans l’idée de vivre sans argent, quelque chose de romantique. Ce choix est un choix de dénuement profond. Une mise à nu face au monde, un monde que l’on explore alors sans l’acheter, tel qu’il est, sans possibilité de le maquiller.
Rouler quelques jours sans argent ne changera rien, je le sais, mais c’est une expérience enrichissante. Un rappel de ce que c’est que d’être humain. Une piqure d’ouverture aux autres. Sans le sou, j’ai été obligé de me tourner vers les autres. D’autrui dépendait ma survie. Ce que l’argent me procure d’ordinaire, c’est la générosité de ceux que mon chemin a croisé qui me l’a offert. L’argent achète notre survie sans nous offrir de vie. J’ai, durant ce voyage, brutalement compris que plus nous donnerons d’importance à l’argent, plus ce monde se tournera vers l’individualisme. Je ne sais toujours pas ce qui pousse donc, durant ce voyage et les autres, ces dizaines de personnes, souvent totalement inconnues, à nous aider. A nous nourrir, nous héberger, nous faire partager un moment ou un godet dans une absolue générosité. Ce monde est rempli de gens formidables, se jeter sur la route n’est qu’un prétexte pour les rencontrer. Voici un tout petit échantillon de ceux qui m’ont aidé et m’ont, encore une fois, permis de suivre mes rêves durant ces quelques jours. Comment les remercier ? Ceci n’est qu’une bien maigre façon de le faire :

Benjamin, mon vélociste préféré de Vélo Station Caen qui m’a, sans aucune hésitation, prêté une sacoche pour mon escapade.

Clara et Mathilda, qui, apprenant mon départ sans argent, m’ont offert un délicieux croque-monsieur, dégusté quelques heures plus tard sur les hauteurs d’Arromanches.

La jolie boulangère de Saint-Aubin-sur-Mer qui, malgré l’absence de son patron et ses premières réticences, m’a offert deux baguettes de la veille.

Tous ces anonymes, pour leurs sourires d’encouragement.

Flavie, Mathilde, Lucie et Axelle pour avoir fait d’une banale étape un moment d’amitié et de découverte. Pour le naturel avec lequel elle m’ont accueillies.

La boulangère de Vandreville, qui avec une déconcertante et authentique générosité, m’a offert non pas du pain de la vieille mais un beau pain de campagne tout frais.

Les supermarchés qui, dans leur folie gaspilleuse, m’ont nourri de leurs poubelles pendant tout ce voyage.

Cette charmante dame de Bayeux qui, lisant la fatigue dans mon regard, m’a, en pleine nuit, remis sur la route de Caen.

Et vous, évidemment, qui à travers des réseaux sociaux, m’avez encouragé, soutenu. Votre enthousiasme nous donne la force de continuer à vagabonder. Vous êtes désormais plus de 800 à suivre Colybride, c’est le plus beau cadeau que vous pouviez nous faire.

Avril 2015 – Petite et Grande Bretagne

Nul besoin de partir au bout du monde pour s’évader. Le voyage est un état d’esprit et non une destination. Il est dans votre région, au détour de votre rue, chez vous. A la première occasion, j’ai réenfourché mon vélo pour une boucle de 700 kilomètres, au départ du Mont Saint-Michel et avec Caen pour destination, avec une passage par l’Angleterre, juste pour voir. C’est avec Cyril et Olivier puis seul que j’ai fait ce voyage au fil de l’eau. Au delà de la beauté de leur terre, c’est l’accueil des bretons qui est venu sublimer cette escapade. Trois fois nous avons été reçus par la bonté même. A Saint-Cast chez la cousine d’Olivier, chez les Chrétiens à Saint-Brieuc enfin, chez les Félix à Roscoff. Merci à vous !